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janvier/février

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Avatar : la nouvelle version au cinéma

Sigourney Weaver

« Au moment où j'ai joué Ripley,les femmes commençaient tout juste à exercer des professions d'hommes, à être acceptées dans l'armée, des choses comme ça... Je suis vraiment contente d'avoir été associée à ça. »

Depuis qu'elle a interprété l'indomptable caporal Ellen Ripley dans l'Alien de Ridley Scott en 1979, Sigourney Weaver n'a eu de cesse d'occuper nos écrans. Son dernier film, Avatar, ne s'est pas contenté de remporter trois Oscars le 7 mars dernier, il a également battu tous les records du box-office en générant plus de 2.6 milliards de dollars à travers le monde. Sigourney y interprète le rôle du Docteur Grace Augustine, une biologiste passionnée qui est envoyée sur la planète de Pandora pour y récolter un précieux minéral. Après Aliens en 1986, Avatar marque les retrouvailles de Cameron et Weaver. Depuis, Sigourney aura tourné dans quelques-uns des plus grands blockbusters de notre époque : Gorilles dans la Brume, Working Girl et Ghost Busters... Sigourney vit désormais à New York avec son époux, le metteur en scène Jim Simpson et leur fille. Sophistiquée et glamour dans une élégante robe noire, perchée sur des talons aiguilles noirs, l'actrice me reçoit, charismatique et enthousiaste, dans un hôtel de Los Angeles. Le résultat ? L'entretien qui suit

Parlez-nous du docteur Grace Augustine, le personnage que vous interprétez dans le film ? Grace fait partie du programme Avatar, elle en est la directrice. C'est un personnage névrotique, une scientifique qui fume cigarette sur cigarette mais en même temps, c'est un personnage très libre lorsqu'elle rentre dans son personnage sur Pandora.

Qu'avez-vous pensé en découvrant votre corps d'Avatar ? J'ai été très surprise en voyant le film ! Grace me ressemble à s'y méprendre, à ceci près que dans le film, elle mesure trois mètres, qu'elle a vingt ans de moins et qu'elle est entièrement bleue ! (Rires) C'est une bien meilleure version de moi, qui peut même sauter d'immeuble en immeuble. C'était génial de mener cette double vie en tant que personnage et surtout, de voir le film si superbement réalisé par James Cameron.

Justement, est-ce que vous avez aimé retravailler avec James Cameron ? C'était moins intense que la fois où nous avions travaillé ensemble sur Alien ! (Rires) Peut-être est-ce parce que nous sommes plus vieux ? Je l'ai trouvé beaucoup moins stressé cette fois, il était comme un enfant dans un magasin de jouets. Les journées étaient longues et duraient souvent plus longtemps que prévu, mais c'était une aventure fabuleuse et je crois que c'est grâce à notre expérience que tout s'est déroulé à merveille. Nous nous sommes retrouvés, mais nous avons tellement changé depuis Alien ! Maintenant James a des enfants, il a une famille et il était tellement heureux de travailler sur Avatar que cela se ressentait dans son travail et avec ses acteurs.

Quel genre de réalisateur est-il ? Intense, mais merveilleux. Jim est toujours généreux, à l'écoute de ce que ses acteurs veulent essayer ou de ce qu'ils pensent de leur personnage. Il est très gentil, très encourageant. Il a travaillé terriblement dur pour créer le monde imaginaire d'Avatar, les créatures... Je me souviens d'avoir lu le scénario et d'avoir pensé que c'était un projet follement ambitieux. Je suis vraiment contente pour lui, pour tout ce qu'il a fait. Créer ce monde imaginaire de A à Z ? Il a réussi l'impossible.

Comment se sont déroulés la préparation du tournage et le tournage en lui-même ? J'ai passé une semaine à répéter à Hawaii, ce qui m'a beaucoup plu. Nous nous promenions dans la forêt tropicale et j'apprenais la base du métier de botaniste. Tout ce qui touche à la science importait beaucoup à James Cameron vous savez, et il fallait que j'aie l'air d'y connaître quelque chose ! (Rires) Ensuite, nous avons commencé à filmer les mouvements des Avatars. Nous étions vêtus de combinaisons noires avec des caméras placées sur notre crâne. Nous portions des oreilles et des queues, et nous faisions semblant d'être sur Pandora. C'était très drôle ! Ensuite, nous sommes allés en Nouvelle-Zélande pour toutes les scènes d'action. Toute la partie technique imaginée par James Cameron était passionnante et l'autre partie du film était tout aussi magnifique, celle des scènes plus traditionnelles. Comme il l'a dit lui-même, Avatar est le fi lm qu'il aurait voulu voir quand il avait quatorze ans.

Est-ce que vous avez dû vous livrer à un entraînement physique particulier, pour tourner le film ? Une grande partie du film est très physique, même si je ne joue pas un soldat et que je n'utilise pas d'arme. Je suis loin d'en avoir fait autant que Sam Worthington (qui interprète le caporal Jake Sully, ndlr) ou Zoë Saldana (Neytiri) par contre, qui sautaient sans cesse partout. Il a fallu que je travaille plus dur que d'ordinaire, c'est vrai. J'ai dû courir dans la forêt mais comme j'adore nager et faire des randonnées, j'avoue que ça n'a pas été trop difficile pour moi ! (Rires)

Il a fallu que vous soyez très aiguisée physiquement pour tourner ce film, tout de même ? Je pense que tous les acteurs doivent l'être. Il faut être capable de se maintenir au niveau des jeunes, et pouvoir faire tout ce qu'on vous demande ! J'essaye d'être active tous les jours, de marcher, de nager, de faire des étirements... Ma mère -qui était anglaise- était une vraie athlète. Elle avait un état d'esprit compétitif, elle voulait sans cesse avoir le dernier mot et je pense que c'est un trait de caractère qu'elle m'a transmis.

Quelle partie du tournage a été la plus éprouvante pour vous ? Les effets spéciaux, lorsqu'il fallait faire croire au spectateur que l'on était sur Pandora. C'est comme jouer la comédie sur un plateau vide, et il faut savoir utiliser toute son imagination. Il faut être très rigoureux pour jouer ce genre de scènes parce qu'on peut vous demander n'importe quoi, qu'il s'agisse de réagir à une plume qui vous touche, ou d'être blessée par une épée...

Vous avez joué tellement de femmes fortes dans vos films ! Est-ce que ce rôle est proche de l'un de ceux que vous avez précédemment interprétés ?  Je trouve que Grace Augustine est assez proche de Dian Fossey, l'héroïne de Gorilles dans la brume, même si elle a aussi un fond très doux qu'on découvre au fur et à mesure que le film avance. Dian pouvait être très dure avec elle-même et avec les gens, et Grace évolue de la même façon.

Vous avez été la première femme à devenir star de films d'action. Est-ce que vous avez parfois le sentiment d'avoir changé la façon dont toutes les actrices du monde appréhendent leurs rôles ? Si je n'avais pas été choisie pour le faire, c'aurait été une autre ! (Rires) J'ai vraiment adoré le personnage d'Alien, l'officier Ellen Ripley. Il m'arrive encore de voir la femme qui m'a inspirée pour l'interpréter, et je la trouve géniale ! C'est une biologiste en fait, comme Grace Augustine. Au moment où j'ai joué Ripley, les femmes commençaient tout juste à exercer des professions d'hommes, à être acceptées dans l'armée, des choses comme ça... Je suis vraiment contente d'avoir été associée à ça. Ce que j'aime chez Ripley, c'est que l'on m'a autorisée à jouer un personnage complexe, sans homme. Aujourd'hui encore, ce genre de rôle-là ne court pas les rues !

Vous avez eu une carrière extraordinaire ! Quelles ont été vos expériences les plus déterminantes ? Je pense que la plupart des expériences qui ont changé ma vie, je les ai vécues en tant que mère et en tant qu'épouse. Pour une femme, déjà, aider son enfant à survivre à une scolarité, c'est tout un métier ! (Rires) Chaque fois qu'on m'évoque ma carrière, je ne pense jamais à mon métier mais à ma vraie vie. Quand je suis chez moi vous savez, j'ai ma famille, j'ai toutes les choses que j'aime et qui m'intéressent, comme défendre les Droits de l'Homme... Il y a beaucoup de causes qui me tiennent à cœur quand je suis à New York et sur lesquelles je passe une grande partie de mon temps. Je ne le regrette pas, non, c'est juste que je suis toujours très occupée.

Qu'est-ce que vous aimez faire, quand vous ne travaillez pas ? J'aime passer du temps avec ma famille, ne rien faire... J'adore lire, passer du temps dans mon jardin, me promener, cuisiner... Je suis très ennuyeuse, en fait ! (Rires) Si je devais vous décrire ma journée idéale, j'imagine qu'elle se déroulerait à la campagne, en pleine nature avec mes chiens, mon mari, et peut-être ma fille et son petit ami. On ferait une randonnée, on gravirait une montagne avec un pique-nique et ensuite on nagerait, et puis on cuisinerait des burgers avant d'aller nous coucher.

Pour en finir avec Avatar, on dirait que ce film a eu un gros impact sur vous, je me trompe ? Avatar a changé l'idée que j'avais de la réalisation d'un film. Rien de tel n'a jamais été réalisé, regardez : on y trouve même des montagnes qui flottent dans les airs ! (Rires) Avatar, je pense sincèrement que ce film changera ce qu'une certaine génération attend du cinéma. Aussi, c'est un énorme film d'aventure : peu importe combien de films vous avez vus dans votre vie, peu importe à quel point vous êtes cultivé, vous comprendrez en le regardant que vous vous trouvez au seuil d'une toute nouvelle façon de concevoir le cinéma.

PROPOS RECUEILLIS PAR ELAINE LIPWORTH. TRADUCTION DE PAULINE ET CLARISSE MÉRIGEOT-MAGNENAT
Avatar de James Cameron, disponible en dvd (Fox Pathé Europa).

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