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Avatar : la nouvelle version au cinéma
Sigourney Weaver
« Au moment où j'ai
joué Ripley,les femmes commençaient tout juste à exercer des professions
d'hommes, à être acceptées dans l'armée, des choses comme ça... Je suis vraiment
contente d'avoir été associée à ça. »
Depuis qu'elle a interprété l'indomptable
caporal Ellen Ripley dans l'Alien de Ridley Scott en 1979, Sigourney
Weaver n'a eu de cesse d'occuper nos écrans. Son dernier film, Avatar,
ne s'est pas contenté de remporter trois Oscars le 7 mars dernier, il a
également battu tous les records du box-office en générant plus de 2.6
milliards de dollars à travers le monde. Sigourney y interprète le rôle du
Docteur Grace Augustine, une biologiste passionnée qui est envoyée sur la
planète de Pandora pour y récolter un précieux minéral. Après Aliens en
1986, Avatar marque les retrouvailles de Cameron et Weaver. Depuis,
Sigourney aura tourné dans quelques-uns des plus grands blockbusters de notre
époque : Gorilles dans la Brume, Working Girl et Ghost Busters...
Sigourney vit désormais à New York avec son époux, le metteur en scène Jim
Simpson et leur fille. Sophistiquée et glamour dans une élégante robe noire,
perchée sur des talons aiguilles noirs, l'actrice me reçoit, charismatique et
enthousiaste, dans un hôtel de Los Angeles. Le résultat ? L'entretien qui suit
Parlez-nous du docteur Grace
Augustine, le personnage que vous interprétez dans le film ? Grace fait partie du programme
Avatar, elle en est la directrice. C'est un personnage névrotique, une
scientifique qui fume cigarette sur cigarette mais en même temps, c'est un
personnage très libre lorsqu'elle rentre dans son personnage sur Pandora.
Qu'avez-vous pensé en découvrant
votre corps d'Avatar ? J'ai été très surprise en voyant le film ! Grace me
ressemble à s'y méprendre, à ceci près que dans le film, elle mesure trois
mètres, qu'elle a vingt ans de moins et qu'elle est entièrement bleue ! (Rires)
C'est une bien meilleure version de moi, qui peut même sauter d'immeuble en
immeuble. C'était génial de mener cette double vie en tant que personnage et surtout,
de voir le film si superbement réalisé par James
Cameron.
Justement, est-ce que
vous avez aimé retravailler avec James Cameron ? C'était moins intense
que la fois où nous avions travaillé ensemble sur Alien ! (Rires) Peut-être
est-ce parce que nous sommes plus vieux ? Je l'ai trouvé beaucoup moins stressé
cette fois, il était comme un enfant dans un magasin de jouets. Les journées étaient
longues et duraient souvent plus longtemps que prévu, mais c'était une aventure
fabuleuse et je crois que c'est grâce à notre expérience que tout s'est déroulé
à merveille. Nous nous sommes retrouvés, mais nous avons tellement changé
depuis Alien ! Maintenant James a des enfants, il a une famille et il
était tellement heureux de travailler sur Avatar que cela se ressentait
dans son travail et avec ses acteurs.
Quel genre de
réalisateur est-il ? Intense, mais
merveilleux. Jim est toujours généreux, à l'écoute de ce que ses acteurs veulent
essayer ou de ce qu'ils pensent de leur personnage. Il est très gentil, très encourageant.
Il a travaillé terriblement dur pour créer le monde imaginaire d'Avatar,
les créatures... Je me souviens d'avoir lu le scénario et d'avoir pensé que
c'était un projet follement ambitieux. Je suis vraiment contente pour lui, pour
tout ce qu'il a fait. Créer ce monde imaginaire de A à Z ? Il a réussi
l'impossible.
Comment se sont déroulés
la préparation du tournage et le tournage en lui-même ? J'ai passé une semaine à
répéter à Hawaii, ce qui m'a beaucoup plu. Nous nous promenions dans la forêt
tropicale et j'apprenais la base du
métier de botaniste. Tout ce qui touche à la science importait beaucoup à James
Cameron vous savez, et il fallait que j'aie l'air d'y connaître quelque chose !
(Rires) Ensuite, nous avons commencé à filmer les mouvements des Avatars. Nous
étions vêtus de combinaisons noires avec des caméras placées sur notre crâne.
Nous portions des oreilles et des queues, et nous faisions semblant d'être sur Pandora.
C'était très drôle ! Ensuite, nous sommes allés en
Nouvelle-Zélande pour toutes les scènes d'action. Toute la partie technique
imaginée par James Cameron était passionnante et
l'autre partie du film était tout aussi magnifique, celle des scènes plus
traditionnelles. Comme il l'a dit lui-même, Avatar est le fi lm qu'il
aurait voulu voir quand il avait quatorze ans.
Est-ce que vous avez dû
vous livrer à un entraînement physique particulier, pour tourner le film ? Une grande partie du
film est très physique, même si je ne joue pas un soldat et que je n'utilise
pas d'arme. Je suis loin d'en avoir
fait autant que Sam Worthington (qui interprète le caporal Jake Sully, ndlr) ou
Zoë Saldana (Neytiri) par contre, qui sautaient sans cesse partout. Il a fallu
que je travaille plus dur que d'ordinaire, c'est vrai. J'ai dû courir dans la forêt mais comme
j'adore nager et faire des randonnées, j'avoue que ça n'a pas été trop
difficile pour moi ! (Rires)
Il a fallu que vous
soyez très aiguisée physiquement pour tourner ce film, tout de même ? Je pense que tous les
acteurs doivent l'être. Il faut être capable de se maintenir au niveau des
jeunes, et pouvoir faire tout ce qu'on vous
demande ! J'essaye d'être active tous les jours, de marcher, de nager, de faire
des étirements... Ma mère -qui était anglaise- était une vraie athlète. Elle
avait un état d'esprit compétitif, elle voulait sans cesse avoir le dernier mot
et je pense que c'est un trait de caractère qu'elle m'a transmis.
Quelle partie du
tournage a été la plus éprouvante pour vous ? Les effets spéciaux,
lorsqu'il fallait faire croire au spectateur que l'on était sur Pandora. C'est
comme jouer la comédie sur un plateau vide, et
il faut savoir utiliser toute son imagination. Il faut être très rigoureux pour
jouer ce genre de scènes parce qu'on peut vous
demander n'importe quoi, qu'il s'agisse de réagir à une plume qui vous touche,
ou d'être blessée par une épée...
Vous avez joué tellement de femmes fortes dans vos films ! Est-ce que ce
rôle est proche de l'un de ceux que vous avez précédemment
interprétés ? Je trouve que Grace Augustine est assez proche
de Dian Fossey, l'héroïne de Gorilles dans la brume, même si elle a
aussi un fond très doux qu'on découvre au fur et à mesure que le film avance.
Dian pouvait être très dure avec elle-même et avec les gens, et Grace évolue de
la même façon.
Vous avez été la
première femme à devenir star de films d'action. Est-ce que vous avez parfois
le sentiment d'avoir changé la façon dont
toutes les actrices du monde appréhendent leurs rôles ? Si je n'avais pas été
choisie pour le faire, c'aurait été une autre ! (Rires) J'ai vraiment adoré le
personnage d'Alien, l'officier Ellen Ripley. Il
m'arrive encore de voir la femme qui m'a inspirée pour l'interpréter, et je la
trouve géniale ! C'est une biologiste en fait, comme Grace Augustine. Au moment
où j'ai joué Ripley, les femmes commençaient tout juste à exercer des professions
d'hommes, à être acceptées dans l'armée, des choses comme ça... Je suis vraiment
contente d'avoir été associée à ça. Ce que j'aime chez Ripley, c'est que l'on
m'a autorisée à jouer un personnage complexe, sans homme. Aujourd'hui encore,
ce genre de rôle-là ne court pas les rues !
Vous avez eu une
carrière extraordinaire ! Quelles ont été vos expériences les plus
déterminantes ? Je pense que la plupart des
expériences qui ont changé ma vie, je les ai vécues en tant que mère et en tant
qu'épouse. Pour une femme, déjà, aider son enfant à survivre à une scolarité,
c'est tout un métier ! (Rires) Chaque fois qu'on m'évoque ma carrière, je ne
pense jamais à mon métier mais à ma vraie vie. Quand je suis chez moi vous savez,
j'ai ma famille, j'ai toutes les choses que j'aime et qui m'intéressent, comme défendre
les Droits de l'Homme... Il y a beaucoup de causes qui me tiennent à cœur quand
je suis à New York et sur lesquelles je passe une grande partie de mon temps. Je
ne le regrette pas, non, c'est juste que je suis toujours très occupée.
Qu'est-ce que vous aimez
faire, quand vous ne travaillez pas ? J'aime passer du temps
avec ma famille, ne rien faire... J'adore lire, passer du temps dans mon jardin,
me promener, cuisiner... Je suis très ennuyeuse, en fait ! (Rires) Si je devais vous
décrire ma journée idéale, j'imagine qu'elle se déroulerait à la campagne, en pleine
nature avec mes chiens, mon mari, et peut-être ma fille et son petit ami. On
ferait une randonnée, on
gravirait une montagne avec un pique-nique et ensuite on nagerait, et puis on
cuisinerait des burgers avant d'aller nous coucher.
Pour en finir avec Avatar,
on dirait que ce film a eu un gros impact sur vous, je me trompe ? Avatar a changé l'idée que j'avais de la réalisation
d'un film. Rien de tel n'a jamais été réalisé, regardez : on y trouve même des montagnes qui
flottent dans les airs ! (Rires) Avatar, je pense sincèrement que ce
film changera ce qu'une certaine génération attend du
cinéma. Aussi, c'est un énorme film d'aventure : peu importe combien de films
vous avez vus dans votre vie, peu importe à quel point vous êtes cultivé, vous
comprendrez en le regardant que vous vous trouvez au seuil d'une toute nouvelle
façon de concevoir le cinéma.
PROPOS RECUEILLIS PAR
ELAINE LIPWORTH. TRADUCTION DE
PAULINE ET CLARISSE
MÉRIGEOT-MAGNENAT
Avatar de James Cameron, disponible en
dvd (Fox Pathé Europa).
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